seconde partie commencée le 15 septembre 2000 à 17h18 terminée le 15 octobre 2000 à 18h41 .....................................................................................
Dark Angel - l'Ange Sombre -
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Voici la seconde partie de Dark Angel, encore plus sombre que la première... je vous
avouerais que pour la fin, j'y ai longuement réfléchit et j'ai trouvé celle-ci bien
que pas mal de mes amis me l'aient déconseillée...
J'espère que vous aimerez la chute finale de cette fanfic et qu'elle vous apportera
quelque chose, aussi infime soit-elle. ^_^
Dark Angel - par Louve Grise (louve.grise@infonie.fr)
Il se leva et les raccompagna à la porte de son bureau. Puis, quand il se
trouva à nouveau seul avec Azor, il se rassit dans son fauteuil et appuya sa tête
sur son poing en fermant les yeux.
Azor regardait son maître d'un air fixe, sans broncher. Il ressentait dans
son corps une sensation jamais éprouvée auparavant, une sensation que les hommes
se plaisent à nommer "attachement" ou "sensibilisation". Oui mais qu'est-ce que
c'était exactement ? Azor ne connaissait pas grand chose de ces sentiments et se dit
que s'il attendait un peu, il finirait par découvrir ce qui était entrain de naître
dans le coeur de son maître.
Kazuya lui même n'expliquait pas pourquoi ce regard féminin si doux l'avait
légèrement troublé, pourquoi elle attardait ses yeux dans les siens. Il leva un peu
la tête pour voir Azor quelques mètres plus loin, couché à côté du ficus.
"Et toi, comment la trouves-tu ?"
Azor comprit très bien la question. Mais il avait perçu en elle quelque chose
d'indéfinissable qui ne vous donne pas confiance en cette personne. En guise de réponse,
il se leva et sans un regard sortit du bureau avec une marche d'amble lui donnant
l'allure d'un féroce prédateur qui va attaquer. Le sourire coquin sur le visage de
Kazuya s'estompa. Il regardait surpris et désorienté son compagnon le plus fidèle le
renier pour la première fois. Il n'essayait pas de le retenir de sortir de la pièce.
Kazuya s'affala sur son bureau et réfléchit. Azor ressentait-il dans cette femme
quelque chose de malsain qui causerait la perte de son maître, voir de tous les deux ?
Ou bien n'appréciait-il pas ce genre de personne, aussi douce et gentille soit-elle ?
Son esprit s'embrouillait de réponses abstraites ne menant qu'à des impasses où la
fuite et la retraite sont impossibles. Il valait mieux retrouver Azor et savoir
exactement ce qu'il pensait. Kazuya se leva.
Il descendit les escaliers à l'étage en dessous et ainsi de suite jusqu'à
atteindre le rez-de-chaussée. Il n'avait pas réussit à le retrouver quand la secrétaire
l'informa.
"Mr Mishima-sama ? Vous cherchez quelque chose ?"
"Avez vous aperçu Azor ? Je ne l'ai pas trouvé."
"Oh oui, Melle Williams est sorti avec lui plus tôt que prévu. Elle m'a dit
qu'il lui avait apporté sa laisse. Je pensais qu'elle vous aurait prévenu..."
"Ce n'est rien..."
Kazuya remonta dans son bureau au dernier étage. Azor avait besoin d'être
réconforté... ou alors d'être consolé ? Il était allé chercher Anna pour qu'elle le
sorte et qu'ainsi il s'éloigne de lui un moment... Kazuya réfléchissait. Qu'avait-il
dit de si choquant ? Azor avait-il compris quelque chose que lui n'avait pas remarqué ?
A peine une demi-heure plus tard, le téléphone sonna. Kazuya décrocha et on
lui fit transmettre l'appel de quelqu'un cherchant à la voir à tout prix. Il s'agissait
de Jun. Elle voulait le voir seule à seul pour avoir plus d'informations. Il accepta
sa venue en début d'après midi. Quand il raccrocha, il pensa à Azor qui était toujours
en balade avec Anna et qui ne reviendrait sûrement qu'en fin de journée. Il eut une
pensée nostalgique pour lui.
Le Mal peut avoir plusieurs aspects aussi anodins soient-ils... Mais ne
serait-ce pas avant tout à cause du coeur que l'on plonge dans les méandres à
l'aveuglette sans se soucier ni se méfier de ce que l'on trouvera derrière ce que
l'on croyait être si parfait ?
Azor était en effet avec Anna. Il l'avait conduit au parc pour qu'elle le
détache. Une fois libre, Azor se dirigea comme à l'accoutumé vers le banc où lui et
son maître avaient l'habitude de venir en ayant un infime espoir de le trouver là.
Mais, Kazuya n'était pas au parc. Azor s'arrêta net devant ce banc désert. Certes il
avait en lui l'intime conviction qu'il ne serait pas là, mais son absence lui faisait
un grand vide dans son coeur. Azor se retourna vers Anna qui s'était assise et qui
lisait un livre qu'elle avait amené. Il fit la comparaison avec cette autre femme et
ne trouvait aucun points communs. Il partageait plus de sympathie avec Anna, son
instinct le lui dictait. Il lui disait aussi de prendre ses distances vis à vis de
Jun. Azor avait ressentit en elle quelque chose qui n'était pas à sa place, une chose
dont il fallait éviter tout contact, et il se devait de le faire savoir à son maître.
Azor se coucha au pied d'Anna pour se reposer l'esprit et somnoler un peu.
Jun arriva en début d'après midi. Elle se retrouva dans ce même bureau austère
pour la deuxième fois de la journée. Kazuya l'attendait en continuant les préparatifs
du Second Iron Fist.
"Re bonjour Melle Kazama."
"De même Mishima-sama."
Elle s'assit en face de lui et il arrêta d'agiter ses feuilles de papiers. Elle
le regardait avec un de ces grands sourires qui ne peuvent pas laisser indifférent.
Elle lui demanda sur un ton plein d'assurance.
"Dîtes moi, ça ne vous fait rien de rester toute la journée dans ce grand
bureau sombre ?"
Kazuya la trouva assez téméraire et répondit.
"Mais vous savez, je n'y reste pas toute la journée... Aux alentours de midi
je vais me promener avec mon chien. Lui et moi nous sommes de grands amis. On est
inséparables." Il esquissa un petit sourire qui la mit mal à l'aise.
"Vous parlez de cet énorme chien loup ? J'adore aussi les animaux... et je me
demande d'ailleurs comment faîtes vous du trafic clandestin alors que vous avez l'air
de beaucoup aimer votre chien... Où l'avez vous trouvé ?"
Cette remarque lui fit faire un léger frisson. Pour reprendre le dessus de la
conversation, il la regarda de son plus profond regard pour la dérouter encore plus.
"Il y'a des choses dont il ne vaut mieux pas savoir, Melle Kazama..."
Jun avait en face d'elle un homme d'une rare élégance sachant faire preuve
d'un sang froid et d'un self control sans précédents. Elle restait figée essayant de
comprendre le sens de sa phrase. Kazuya vit qu'il avait réussit son coup, trop bien
peut-être car Jun ne savait plus quoi dire. Pour se rattraper il engagea.
"... Mm, normalement à cette heure ci, je descends aux alentours du parc pour
boire un café... voulez vous m'accompagner ? Comme ça vous sortirez de ce "grand
bureau sombre"..."
Il la regardait d'un air assez amusé, en attendant une réponse confuse quand
elle lui dit à sa grande surprise.
"Ok, pourquoi pas !"
Le chemin pour aller au parc n'était bien long, en à peine un quart d'heure
on y était. Durant le trajet, Kazuya et Jun ne se parlèrent pas beaucoup, influencés
l'un de l'autre, gênés d'engager une conversation. A chaque fois qu'il regardait à sa
gauche, il ne pouvait s'empêcher de sourire doucement. A chaque fois qu'elle regardait
à sa droite, elle ne pouvait s'empêcher d'être un peu plus heureuse. Ils aimaient la
compagnie de l'autre et se sentaient bien avec. Ils arrivèrent au parc peu de temps
après et s'installèrent sur la terrasse d'une buvette. Kazuya commanda deux cafés
quand son téléphone portable sonna.
"Allô ? Ah Lee ! Tu veux quoi ? ... mm... oui... ok... Au fait, peux tu envoyer
les lettres d'invitation au Second Tekken pour les anciens participants ? Tu les
trouveras sur mon bureau... ok, c'est ça ouais... Salut."
Jun suivit de près la conversation téléphonique des deux frères et quand il
raccrocha, elle entama la conversation.
"Oh, c'est donc vous en personne qui vous occupez du Iron Fist Tournament ?"
"Oui dans sa plus grand partie."
"Je voulais vous demander, les femmes peuvent-elles participer ?"
Kazuya la regarda d'un air bizarre, il suspectait quelque chose de pas normal.
"Bien sûr, le tournoi est ouvert à tous, la seule condition est d'être un
combattant de haut niveau."
Jun sourit à peine.
"Inscrivez moi à ce tournoi."
"???"
"Vous savez, les femmes savent cacher leur apparence... Je pratique le Kazama
Self Defense, je sais bien me battre."
"Et bien... heu... pourquoi voulez vous participer ?"
"Ce ne serait pas amusant si je vous le disais... Je viens juste comme ça. Et
vous, vous combattrez ?"
"Il faut bien que je me batte dans mon propre tournoi..."
Il regarda Jun d'un air féroce dévoilant une apparence machiavélique cachée
au fond de lui ce qui effraya légèrement la jeune femme.
Ils restèrent près d'une heure à cette même place à parler de tout et de
rien.
Azor demanda à rentrer. Anna le rattacha à sa laisse et tous les deux ils
commencèrent à prendre le chemin de la maison. Il marchait la tête basse, en traînant
les pattes quand ses yeux d'or se dérivèrent sur la droite. Il redressa la tête et
s'arrêta. Oui, c'était bien son maître là bas, en compagnie d'elle... Azor restait
de marbre, Anna ne comprenait pas ce qu'il était entrain de fixer, car elle, ne
voyait rien. La vue perçante et affine du loup en Azor lui permettait de voir ce qui
se passait au loin, et de distinguer sans faille de quelle nature s'était. Il observait
calmement la suite des événements. Anna le redétacha et alla à nouveau s'asseoir sans
le quitter du regard. Sa truffe frémit, il ne décelait pas grand chose d'utile dans
ce gigantesque parc empli d'odeurs. Il devinait aisément son regard à elle, plongé
dans les yeux de son maître, il savait qu'il ne résisterait pas, qu'il craquerait un
jour ou l'autre. Rien que d'imaginer cette femme déstabilisant et fragilisant son
maître hérissait son poil. Il plissa le regard pour mieux définir l'action se déroulant
au loin. Il fit quelques pas. La nature du chien qui l'habitait en partie faisait
place à cette nature si sauvage. Mais autre chose le poussait à se montrer agressif.
Il sentait au fond de lui la force et la stature imposante du loup mais aussi une
autre force, bien plus puissante. Tellement puissante qu'il pouvait sentir son sang
s'échauffer dans ses veines, une irrésistible envie d'attaquer ce danger imminent.
Focalisé complètement dans sa vision, il retroussa les babines et lança un grognement
sourd. Anna le regardait toujours et décida de ne pas intervenir en ne sachant pas la
raison de son état.
L'expression menaçante de la bête dévoilait deux crocs blancs étincelants
d'une longueur incomparable. Ses oreilles droites et sa tête haute montraient qu'il
était sûr de lui. Il n'était pas en position dominante mais en position d'alpha
défense assez rencontrée chez les loups et qui dit de défendre un de ses congénères
ou quelque chose d'un intrus en utilisant l'attaque directe après l'avoir allègrement
menacé.
Jun était entrain de parler à Kazuya de choses futiles, parfois inintéressantes,
mais cela ne lui importait peu. Il aimait sa compagnie et c'était réciproque. Quand
une douleur indéfinissable lui déchira la poitrine l'obligeant à sa plier en deux.
Il avait tellement mal qu'il lui semblait que sa cicatrice était entrain de se rouvrir.
Il regarda promptement sa chemise, il n'y avait pas de sang. La douleur s'atténua.
Jun vit que quelque chose de pas normal s'était passé durant quelques secondes. Elle
lui demanda.
"Vous... vous allez bien ?"
Il se redressa, et essaya de ne pas montrer que quelque chose le blessait.
"Oui... ça va... ne vous inquiétez pas..."
Jun ne voulait pas le croire. Elle se leva et lui posa une main sur son épaule.
"Ne ferions mieux de rentrer."
Il se leva à son tour et ils marchèrent doucement jusqu'au building de la
MFE.
Azor suivait toujours la scène des yeux et était conscient que la douleur de
son maître avait été provoquée par sa propre douleur... qu'est-ce que cela pouvait-il
donc signifier ?
Leurs destinées n'avaient donc pas fait que se croiser. Elles avaient fusionner
entre elles pour n'en donner plus qu'une, où chacun ressent les émotions de l'autre.
Si leurs vies traçaient le même chemin, allaient-elles s'arrêter ensemble ? Ne
pouvant plus vivre l'un sans l'autre, l'issue finale serait inévitable...
Azor et Anna rentrèrent peu de temps après. Dès qu'ils furent arrivés, il se
coucha dans le hall principal et attendait la suite des événements. Une heure environ
plus tard, Jun redescendait, accompagnée de Kazuya, et s'apprêtait à partir. Jun
insista pour qu'il lui fasse la bise et non qu'il lui serre la main. Azor à ce moment
précis se leva et marcha jusqu'à la porte d'entrée vitrée. Jun se retourna et fit face
au chien qui lui bloquait le passage pour sortir. Azor redressa les oreilles et la
fixait d'un regard vraiment menaçant. Il grogna sans montrer les crocs et si faiblement
que seule Jun l'entendit. Elle fit un pas en arrière. Kazuya intervint, attrapa Azor
par le collier et le tira sur le côté.
"Veuillez m'excuser... c'est la première fois qu'il fait ça..."
"Ce n'est pas grave." Elle lui sourit et il fit de même.
Elle franchit la porte d'entrée et tourna à gauche. Kazuya lâcha le chien qui
regardait la jeune femme s'éloigner.
"Azor... pourquoi as-tu fait ça ???"
Azor leva la tête. Il avait une étrange émotion dans ses yeux, qui implique
de l'inquiétude mais aussi de la tristesse. Il mordilla doucement sa main en signe
d'excuse. Ils montèrent dans le grand bureau en baie vitrée du dernier étage. Seuls
en tête à tête, Kazuya s'accroupit en face d'Azor et lui mis la main sur la tête en
le gratouillant derrière les oreilles comme il aimait ça.
"J'aimerai bien savoir pourquoi tu te montres hostile envers elle... d'autant
plus qu'elle ne demande qu'à te connaître; elle adore les bêtes. Dis moi ce qui ne
va pas..."
Azor sentait de la douleur dans son maître, il le regardait avec des yeux
si doux et si expressifs qu'on aurait eu du mal à le reconnaître. Azor le fixait
aussi, il lui parlait avec ses yeux, sans bouger. Kazuya comprenait qu'Azor lui disait
de faire attention, mais il n'arrivait pas à percevoir pourquoi.
"Ton heure approche, homme damné... Les forces maléfiques t'engloutiront mais
tu ne seras pas seul... Cerbère sera ton compagnon pour l'éternité..."
Le jour du Second Iron Fist approchait. Kazuya avait fini les préparatifs et
avait reçu la liste des participants. Il y'avait les mêmes qu'au dernier tournoi et
des nouveaux. Heihachi était bien évidemment de la partie, il cherchait avant tout à
récupérer sa société et tout ce qui lui appartenait. Les jours semblaient défiler
tels des nuages poussés par le vent; inébranlablement, à vitesse constante, sans
pouvoir faire marche arrière. Quelques jours avant l'ouverture du tournoi, Kazuya
partit en compagnie d'Azor, de Lee et de Kunimitsu dans cette immense bâtisse, la
même qu'au premier Tekken, avec ce gigantesque terrain boisé.
Azor se sentait nostalgique de revenir en ces lieux, à peine descendu de
voiture, il huma l'air et ferma les yeux en s'asseyant. La légère brise du soir
tombant faisait former un peu de buée quand il expirait. Plusieurs jours passèrent
et son passe temps était de se coucher dans l'herbe douce humide de rosée pendant que
son maître s'occupait des derniers préparatifs.
Un nouveau jour se leva. C'était la veille du Second Iron Fist. Comme à
l'accoutumé, Azor se leva, descendit les marches et demanda à ce qu'on lui ouvre la
porte. Une fois dehors, il trottina jusqu'à ce chêne, et se coucha sans poser sa
tête. Il la gardait droite, observant les alentours comme un loup scrutant l'horizon.
L'air était frais, c'était une belle journée tiède. Il restât là toute la matinée
et vers midi, un bruit de moteur se fit entendre. Il se leva et courut jusqu'à la
porte d'entrée accueillir ce visiteur. La voiture s'engagea dans la cour sablée et
se gara à l'endroit réservé pour les véhicules des visiteurs. La portière s'ouvrit.
Azor la reconnu immédiatement. Jun s'avança vers lui et tendit la main.
"Viens mon chien... laisse moi te caresser une fois... il parait que tu es
très gentil..."
Azor la fixa d'un regard dédaigneux. Il fit un pas en arrière puis se retourna
et trottina jusqu'au chêne se recoucher. Jun abaissa sa main, triste qu'un animal ne
veuille pas lui accorder sa confiance. Elle savait au fond d'elle que c'était parce
qu'elle s'approchait trop de son maître qu'il ne voulait pas lui donner son amitié.
Elle frappa à la porte, un domestique lui ouvrit.
Kazuya avait bossé toute la nuit sur l'Iron Fist Tournament et était allé se
coucher tellement fatigué, qu'il dormait encore bien que midi approchait. Quelqu'un
frappa à sa porte.
"Kaz ! Hey, debout !"
Kazuya ouvrit un oeil. Il reconnaissait la voix de Lee. Il se retourna dans
son lit et referma les yeux. Lee attendit une trentaine de secondes et n'ayant aucune
réaction, il frappa encore plus fort.
"DEBOUT !!! Grouille toi !!! Elle va pas t'attendre deux plombes !!!!"
Kazuya sursauta à la violence de son frère. Il se redressa et s'assit dans
son lit en mettant une main sur le front. Il dit d'une voix toute endormie.
"... Qui "elle" ???"
Lee soupira à cette réponse aussi évidente.
"Ta meuf quelle question !!!!!!!!!"
Les paroles de Lee le réveillèrent instantanément.
"Hein ? Tu parles de qui là ???"
"Tu pensais me le cacher longtemps ??? Anna qui est assez proche de toi a
remarquer ta liaison avec cette femme ! Et tu connais Anna... elle me dit pratiquement
tout." Il sourit ironiquement.
"Mais... mais c'est purement professionnel !"
"C'est pas une raison pour aller se taper la causette au parc ! Bon lève toi,
elle t'attend !"
Kazuya l'entendit redescendre. Il se résigna à se lever, enfila vite fait un
pantalon et une chemise qu'il ferma mais qu'il laissa dépasser. Il passa à la salle
de bain, ouvrit le robinet d'eau froide et se lava le visage. Quelques minutes plus
tard il descendit dans le hall.
En effet, elle était là, elle l'attendait. Elle s'approcha et lui fit la bise,
en sentant la fraîcheur de ses joues encore humides. Il lui demanda la raison de sa
venue.
"Bonjour, Melle Kazama. Alors, que nous vaut le plaisir de votre venue ?"
Jun regarda dans ses yeux hypnotiques, tout en observant des gouttes d'eau
perler au bout de ses mèches de cheveux rebelles qu'il n'avait pas eu le temps de
coiffer en arrière.
"J'ai... j'aurai quelques ennuis pour être à l'heure demain. Je me disais que
je pourrais rester ici ce soir mais à ce que je vois, je suis la seule dans ce cas...
Je ne voudrais pas vous déranger et..."
"Mais vous ne nous dérangez absolument pas ! Vous serez notre invitée de ce
soir."
"Merci ! Cela m'arrange beaucoup !"
Un peu confus de la recevoir dans une tenue pareille, il pris congé d'elle et
remonta se changer. Au repas de midi, Kazuya nota l'absence d'Azor qui n'était même
pas venu manger. En début d'après midi, Jun insista pour qu'ils aillent se promener
tous les deux dans cet immense terrain boisé et qu'il lui fasse faire le tour du
propriétaire.
Azor errait sans but quand il arriva aux limites du terrain de son maître.
Derrière se trouvait une forêt lui rappelant ses origines sauvages. Il longea le
grillage et trouva un trou où il se faufila. Il entendit non loin de là le clapotis
de l'eau d'une petite rivière. Il se rendit sur les lieux. C'était très joli mais
quelque chose de bizarre flottait dans l'atmosphère. Azor s'approcha de la rivière
et lapa un peu. Il redressa les oreilles en même temps que la tête et aperçut que
quelque chose ressemblant à de la fourrure se cachait derrière un arbre. Il observait
au loin, l'odeur non identifiée venait de là bas. Comme cela ne bougeait pas, Azor
traversa la rivière de quelques foulée et était maintenant à quelque mètres. Il baissa
la tête, comme font les loups lorsque quelque chose les préoccupe. Sa truffe frémissait
mais n'arrivait pas à identifier quelle créature se cachait non loin de là. Un souvenir
enfoui au plus profond de sa mémoire lui disait qu'il savait ce que c'était, et qu'il
fallait se méfier. La curiosité poussa Azor à s'approcher sans défense. A moins d'un
mètre, il vit de quoi il s'agissait et fit un pas en arrière. Oui, il connaissait
cette odeur, comment avait-il pu l'oublier ???
Le corps d'un chien gisait sans vie. Un chien lui ressemblant étrangement
avec une entaille profonde au poitrail, le museau tâché de sang. Azor se mis à renifler.
L'odeur de la mort était insoutenable. Il fit le tour du corps pour mieux l'identifier.
Ils se trouvèrent face à face. Cet animal lui ressemblait vraiment beaucoup. Azor
s'approcha encore plus près, son museau pouvait toucher le sien. Son attention se
concentrait sur ses yeux fermés, comme s'il ne voulait pas le réveiller.
Avez vous déjà vu une illusion plus vraie que nature ? Ou êtes vous entrain
de voyager dans un espace-temps vous dévoilant votre futur où toutes les cartes ont
déjà été posées sur la table ?
Azor fit un bond en arrière au moment où sa truffe effleura la sienne. Des yeux
couleur rubis étincelants avec une pupille étroite et noire s'étaient ouverts. Ils
se dirigèrent lentement dans la direction d'Azor jusqu'à rencontrer son regard. Azor
était pétrifié, ses pattes le lâchaient. Il regardait l'animal à l'expression si...
démoniaque... avec ses yeux rouges et ses sensations de mort... La bête restait
immobile au sol, focalisée sur Azor, quand elle lui montra les crocs en écumant de
la salive mélangée à du sang pour donner un aspect plus terrifiant des choses. Azor
pris de panique s'enfuit au triple galop sans se retourner. Il passa sous le grillage
tellement vite qu'il s'écorcha un peu le dos et fonça à la maison.
Le soir commençait à tomber, Kazuya et Jun était rentrés depuis peu de leur
promenade, Azor restait sous le fauteuil hanté par la vision de ce chien. Il observait
du coin de l'oeil son maître sans vraiment penser à lui. Le soir, une fois de plus,
il ne mangea pas et Kazuya s'en inquiéta.
"Et ben mon loup... tu n'as pas faim aujourd'hui ?"
Il lui mis la main sur la tête et lui donna une caresse.
Azor demanda à passer la nuit dehors, il tenait à rester seul le plus possible
pour faire le vide dans sa tête. Il restait sur le perron à réfléchir quand la dernière
lumière de la maison s'éteignit. Il leva la tête, en regardant la fenêtre qui était
éclairée quelques secondes plus tôt. Puis il se redressa sur ses pattes, s'ébroua
et partit en trottinant. L'objectif cible qu'il se fixait était de retourner au bord
de la rivière, d'essayer d'établir un contact avec l'animal pour tenter de le comprendre.
Azor hâta le pas. Il passa sous le grillage et arriva au bord du petit cours d'eau.
La lumière pâle de la lune traversait les branchages, on y voyait clair. Son regard se
porta vers l'arbre, il ne vit rien. Si, quelque chose luminait derrière, émettant
une lueur frêle, céleste. Il s'approcha prudemment et reconnu la jeune femme mystérieuse
qu'il avait déjà vu plusieurs fois, cette créature ailée si pure et fragile. Elle
tourna la tête et tendit la main, l'invitant à avancer. Azor surpris mais en confiance,
fis quelques pas quand son museau toucha sa main. Il s'approcha d'avantage, si près,
qu'elle lui passa les deux mains autour de son cou et le serra tendrement. Il ressentait
à peine sa pression tellement qu'elle était immatérielle mais il sentait une douce
chaleur l'envahir. Elle le regarda droit dans les yeux, les deux mains placées sous
ses yeux comme pour lui soutenir la tête et une larme coula sur sa joue. Azor était
stupéfait, il ne comprenait pas cette tristesse. Elle lui dit d'une voix à peine
audible.
"S'il te plaît... sauve le..."
Elle tourna la tête droite, en direction de la clairière, Azor fit de même. Le
soleil se levait. Déjà ??? Combien de temps était-il resté ici avec elle ? Il lui fit
face pour s'apercevoir qu'elle avait disparu. Sans perdre un instant, il courut ventre
terre au pavillon et arrivé à la porte, aboya le plus fort qu'il pu. Un domestique
levé depuis une dizaine de minutes lui ouvrit. Azor grimpa les escaliers et arriva
devant la porte de la chambre de son maître. Elle était enclenchée alors il appuya
ses pattes de devant dessus, et aidé de son museau, tentait d'actionner la poignée. La
porte semblait verrouillée de l'intérieur. Il restait quelques secondes perplexe et se
mis d'abord à aboyer de rage, puis de désespoir que son maître ne le fasse pas rentrer.
Tout le raffut qu'il faisait réveilla Lee qui se sentit obligé de se lever pour le faire
taire. Il sortit dans le couloir, à moitié somnolent, en se grattant la tête.
"AZOR ! Il est 5h00 du mat' !!! T'as fini oui ?!?"
Il s'arrêta de japper. Il le regarda d'un air qui demande de l'apitoiement en
collant son museau dans l'embrasure tout en gémissant pour lui faire comprendre son
désir de rentrer. Lee s'approcha de la porte et tapa plusieurs coups.
"Oh hé !!! Y'a ton chien qui veut rentrer !!!"
Lee regarda Azor d'un air de non satisfaction mais se retint de frapper encore
plus fort.
"Désolé mon tout beau."
Et il partit se recoucher.
Azor avait besoin de son maître tout de suite, la venue de cette femme angélique
n'était pas hasardeuse. Néanmoins, il redescendit au salon et se coucha pour récupérer
un peu de cette nuit blanche.
Le jour du Second Iron Fist débuta. Les concurrents n'étaient attendus qu'en
début d'après midi et il était environ 8h00. Quand Azor ouvrit un oeil, il entendit
du bruit à la cuisine. Il se leva et vit que son maître et Jun déjeunaient ensemble.
Lee descendit, se fit quelques tartines, ouvrit la porte fenêtre de la cuisine et
sortit. Azor le suivit. Lee s'installa sur les gradins de l'arène de sable qui avait
servie au First Tekken. Il commença à manger. Azor s'approcha et s'assit juste à côté
de lui. Lee fut étonné de ce comportement étrange; jamais ce chien ne lui avait
demandé autant d'affection. Il lui posa la main sur la tête.
"Et ben, t'es pas avec ton maître ? Remarque, j'ai l'impression qu'il a
tendance à te délaisser ces temps-ci, non ? Tout ça à cause de cette femme..."
Sur ces mots Azor tourna violemment la tête dans sa direction en regardant
anxieusement Lee. Il venait de trouver quelque chose de rare en sa personne. Lee
comprenait sa douleur et en connaissait la cause alors que son maître restait aveugle.
Azor mis sa tête sur les genoux de Lee pour être réconforté.
Il était midi passé quand les premiers concurrents arrivèrent sur les lieux.
Deux heures plus tard, tout le monde était là. Il y'avait les mêmes qu'au précédent
Tekken et quelques nouveaux tels que Jun et son coéquipier, les associés de Kazuya,
deux créatures modifiées génétiquement, ressemblant étrangement à un kangourou et un
dinosaure constituaient la grande surprise de ce tournoi. Heihachi arriva le dernier.
Kazuya était là quand il descendit de sa voiture aussi sombre que les ténèbres dans
lesquelles il s'était juré de l'y faire retourner.
La vue de cet être tant aimé au début, puis tant haït, ravivait une flamme
des douleurs du passé. Il ne le salua même pas, la seule chose qu'il souhaitait,
c'était la confrontation finale entre le père et le fils.
Les matchs débutèrent. Azor s'était installé à côté de son maître et ressentit
une grande nervosité quand elle dû se battre. L'adversaire de Jun n'était autre
que Kunimitsu. Le combat dura tout de même plusieurs minutes mais s'acheva par
l'abandon de Jun. Kunimitsu avait atteint un excellent niveau dans le maniement du
poignard et pouvaient souvent rendre fatales ses moindres actions armées si elles
auraient touché Jun. Jun ne sortit de l'arène pas si déçue que ça, après tout elle
était là en enquête privée, mais sa défaite par abandon lui semblait être dévalorisante
aux yeux de Kazuya. Ce fut son tour. Il embrassa Azor sur le museau et descendit les
gradins. Azor retrouvait là son maître, le vrai, avant qu'il ne dégénère dans son
éthique à cause de cette femme. Son match fut bref et il le gagna facilement. Les
matchs continuèrent jusqu'à la qualification en finale et cela ne l'étonna guère que
la finale se déroule entre lui et son père. Tous deux espéraient ce moment depuis
longtemps; se débarrasser de l'autre le plus tôt possible.
Ceux qui venaient de loin pouvaient rester passer la nuit ici et observer la
finale le lendemain. Jun partit, sa mission était finie, mais elle promit de revenir.
Kazuya partit se coucher très tôt, suivit d'Azor. Il s'endormit assez vite, bien que
torturé par de sombres pensées. Azor mourrait d'inquiétudes pour son maître et ne
cessait de penser à cette femme ange qui lui avait demandé de le sauver... sauver
son âme ? Sa conscience ? Azor revoyait dans sa tête toutes les images de cette femme,
si belle, si pure et pourtant si triste...
Tout a un commencement, tout a une fin. Mais qu'y a-t-il entre la fin et le
commencement ?
Quelques participants habitant hors du Japon étaient restés plus quelques
autres ne voulant pas manquer la bataille finale. Ce qu'ils ne savaient pas, c'est
que c'était un combat à la mort inévitable, le perdant étant jeté dans un volcan.
Kazuya se retrouva à nouveau face à Heihachi pour une autre bataille sans merci. Ses
yeux transpercèrent le sien avec une haine sans précédents. Heihachi ressentait la
puissance qu'il dégageait mais il lui semblait qu'elle était moins forte qu'à son
dernier combat. Azor dressa les oreilles. Lui aussi ressentait sa détermination mais
d'une manière différente de celle au premier Tekken. Son sixième sens pressentait un
chaos jamais défini auparavant. Azor était inquiet pour son maître, de la peur et de
l'angoisse se lisait dans ses yeux d'or pâles à la pupille rétrécie par la crainte.
Lee s'installa à côté de lui et lui posa la main sur la tête pour le rassurer. Mais
lui-même n'était pas tranquille. Kazuya se concentrait. La haine de la vengeance
prenait le dessus de son âme et l'obligea à attaquer le premier. Il s'élança droit
sur Heihachi qui, voyant venir le coup, s'écarta et l'esquiva en ripostant d'un high
kick qu'il bloqua et sur lequel il contre attaqua. Au bout de cinq minutes de combat
éprouvant, personne ne pouvait dire qui avait l'avantage sur l'autre mais Kazuya
semblait plus épuisé que son père. Environ trois mètres le séparaient de lui et il
ne put s'empêcher de poser sa main sur son genou pour se retenir de fléchir de
fatigue. Heihachi profita de cette faiblesse pour lancer une attaque éclair. Kazuya
se redressa mais pas assez vite pour esquiver le coup qui le frappa dans la mâchoire.
Azor se leva, totalement impuissant à cette scène de violence. Kazuya fit quelques
pas en arrière, le revers de la main sur le menton pour essuyer un mince filet de
sang. Heihachi sentait qu'il avait le dessus et redoubla son attaque. Kazuya était
lui-même surpris d'être déjà à bout de forces, la seule chose qu'il pouvait faire
s'était de se concentrer sur ces attaques pour les éviter. Chaque contre attaque lui
demandait un certain effort et le vidait de son énergie vitale à chaque fois un peu
plus. Heihachi lui aussi s'épuisait de plus en plus mais il lui restait assez de forces
pour mener le combat à sa guise. Dans une ultime manoeuvre, il fit fléchir son fils
et l'attrapa en position de soumission. Azor coucha ses oreilles en arrière, ses
pupilles se rétrécirent. Kazuya ressentit une haine encore plus démentielle pour ce
père qui avait pris le dessus sur lui, qui avait pris le dessus sur sa vie. Heihachi
se baissa en maintenant la pression dans sa poigne et murmura tout bas.
"Ne t'en fais pas... je ne t'achèverai pas devant tout le monde..."
Il le lâcha et on donna la fin du combat.
Heihachi ordonna à tous les spectateurs de rentrer chez eux, c'était fini.
Il quitta l'arène et se dirigea vers la bâtisse se reposer. Seuls restaient Azor et
Lee sur les gradins. Kazuya demeurait à genoux au centre de l'arène, vaincu et humilié.
Lee lui-même ressentait quelque chose pour son frère, qui allait les quitter si
Heihachi tenait parole et laisser Azor tout seul. Il le regarda avec des yeux empli
de tristesse et rentra. Azor pressentait le sort de son maître, alors il courut au
centre de l'arène le rejoindre. Kazuya leva les yeux et Azor s'approcha. Il lui posa
les deux mains sur les joues, de la même manière que la femme angélique.
"J'ai perdu, Azor... nos chemins se séparent ici... pardonne moi de te laisser
seul et dans la douleur une seconde fois... comme lorsque l'on s'est rencontré..."
Des larmes coulèrent le long de ses joues, il ne pouvait les retenir et les
dédiait en signe d'adieu à un être unique qui l'accompagna durant plusieurs années de
sa vie et avec qui il avait trouvé une seconde raison de vivre.
Si Azor pouvait pleurer, il l'aurait fait, en retour à la douleur de son
maître et à la sienne. Si son maître disparaissait, qu'allait-il devenir ? Il était
tout pour lui, dévoué et solidaire comme les doigts de la main, il ne pouvait envisagé
sa vie sans lui, il ne voulait pas mener son existence et souffrir comme il l'avait
fait avant de le rencontrer.
Ne pouvant plus vivre l'un sans l'autre, partageant une existence commune,
la disparition de l'un des deux entraînerait forcément la création d'une nouvelle
destinée où ils se retrouveraient.
Le soir commençait à tomber. Les pâles lueurs orangés d'un soleil mourant à
l'horizon bleuissaient pour faire place à une nuit douce et fraîche. Kazuya et Azor
quittèrent l'arène et rentrèrent doucement à la maison. Tous deux avaient le coeur
chargé d'émotions et la gorge nouée. Dans le hall, il n'y avait plus personne, pas
même un domestique. Tout était d'un silence mortel. Kazuya regarda Azor.
"Je vais me changer, à tout à l'heure."
Azor regarda son maître monter d'un pas hésitant l'escalier, couvert de
blessures plus ou moins profondes suivant la violence des coups qu'il avait prit. Il
décida de l'attendre dans le hall et se coucha dans un coin derrière un fauteuil.
Une demi-heure plus tard, Kazuya descendit dans le hall et appela une fois
son chien quand il vit Heihachi qui le regardait d'en bas. Azor avait entendu l'appel
de son maître, il sortit de son assoupissement et voulu le rejoindre quand lui aussi,
vit cet homme de tout ce qu'il y'a de plus indigne à quelques mètres de lui. Il se
ravisa de sortir de sa cachette. Kazuya ne savait pas où Azor était et il ne l'appela
pas une deuxième fois en voyant son père. Il descendit toutes les marches et se
retrouva en face de lui. Heihachi esquissa un sourire narquois.
"Bien... tu es venu par toi-même... je n'aurai pas à te chercher pour conclure
notre combat..."
Kazuya croisa les bras, il n'avait plus peur de lui et lui parla sur un ton
insolent.
"Tu vas me tuer, n'est-ce pas ? Pourquoi me hais-tu autant ? Il n'y a que les
enfoirés de ton espèce pour imaginer, ne serait-ce qu'une seconde, à ôter la vie
de leur fils. Ne pense pas que je vais mourir aussi facilement que ça, tu n'as jamais
su comment j'avais fait pour survivre à cette chute inextricablement mortelle il y a
bien 15 ans..."
Ces paroles irritèrent Heihachi n'acceptant pas de se faire insulter par
quiconque. Il rétorqua.
"J'ai toujours su que tu n'aurais pas pu t'en sortir seul. Ta force et ta
puissance acquises assez rapidement en sont les preuves. Ta capacité de récupération
aussi, tu es presque guéri, tu n'as plus mal, je me trompe ? C'est pour ça que je ne
veux pas te tuer en combattant, au risque de ma vie de réveiller une forme de psychisme
maléfique, alors que je t'ai vaincu..."
Sur ces mots, il sorti un petit revolver caché dans la doublure de sa veste.
"Je sais que tu ne portes jamais d'armes à feu sur toi... on va voir ce qui
va pouvoir te sauver cette fois-ci !"
Kazuya surpris fit un pas en arrière. Mais il sourit et voulait l'humilier
en ayant le dernier mot.
"Tu as toujours été un lâche, vas-y, appuie sur la gâchette ! Cela ne fera
que renforcer l'image d'homme soi disant puissant mais craintif qui attaque dans le
dos qu'est la tienne !"
Heihachi arrêta de sourire, il en avait assez de l'entendre le blâmer. Ils
étaient distants de quelques mètres et Heihachi le braquait droit sur la poitrine. Il
abaissa sa main de quelques centimètres et tira. Le coup partit avec une détonation
fulgurante. Azor se leva derrière le fauteuil. Kazuya tomba à la renverse. Il se
redressa pour être assit et vit que la balle s'était logée dans sa jambe. La douleur,
bien qu'assez cuisante, ne l'empêcha pas de se relever. Heihachi dit d'un ton ironique.
"Mm... déjà debout ? Tu peux pas savoir ce que j'aime te voir souffrir...
voir souffrir l'assassin de Kazume..."
Les pupilles de Kazuya se rétrécirent. Ce nom, Kazume, il le connaissait
bien pour être celui de sa mère, c'était le seul souvenir qu'on avait bien voulu lui
donner d'elle. C'était donc pour cette raison que son père s'est acharné sur lui
pendant tant d'années ? Parce que le destin en avait décidé ainsi ? Il dit d'un air
menaçant.
"Si elle te voyait... c'est toi qu'elle tuerait... pour lui avoir enlevé son
unique fils..."
"Silence ! Je ne te permet pas de dire ça ! Tu vas expier pour tes fautes !"
Il braqua le revolver droit entre ses deux yeux.
Instinctivement, Azor sorti de sa cachette et se plaça à côté de son maître.
Jamais il ne s'était montré aussi agressif. Les oreilles droites, il montrait les
crocs avec un grondement sourd et des yeux jaunes flamboyants. Il s'avança de façon
à s'interposer entre Kazuya et Heihachi. Kazuya ne disait rien. Que dire ? Son
compagnon ne le laisserait pas mourir, même au péril de sa vie, s'il sait ça c'est
qu'il aurait agi de la même manière dans une situation similaire. Heihachi était
impressionné par une telle hardiesse de la part d'un animal mais se confortait avec
son arme. Azor ne réfléchissait plus par lui-même. Il dévouait son corps et son
âme pour son maître. Le système d'attaque et de défense était contrôlé par ses
essences de loup bien plus puissantes que ses récentes origines de chien apprivoisé.
Il hérissa le poil de son dos et s'avança menaçant vers Heihachi. Il savait ce
qu'était une arme à feu et connaissait son destin à l'avance; il n'aurait pas le
dessus sur une telle machinerie. En lançant cette mission suicide, il espérait que
son maître en profiterait pour s'échapper mais au plus profond de lui-même, il savait
qu'il l'accompagnerait jusqu'au bout, qu'il ne le laisserait pas tomber... car...
ils étaient liés... par un fil qu'on ne peut rompre...
L'homme et la bête savaient que le sacrifice de l'un des deux pourrait sauver
l'autre, mais jamais ils ne se sépareraient. Leur destin semblait scellé par une
amitié plus dure que le diamant et qui comme lui, reste éternel.
Azor s'élança sur Heihachi qui eut juste le temps de lancer un second coup
de feu. Le temps sembla s'arrêter dans l'esprit de Kazuya lorsqu'il vit Azor s'abattre
au sol, touché mortellement à la poitrine. Alors, enragé par la douleur, en réunissant
toutes ses forces, il courut en direction de son père, ses yeux noyés dans les larmes,
le poing fermé.
Heihachi vit son fils lui foncer dessus à une vitesse transcendante et sut
d'avance qu'il ne pourrait éviter son coup. Une troisième détonation partit. Cette
fois, Kazuya ne put se relever. Touché à la poitrine, il resta à terre. Heihachi
rangea son arme.
"C'est mieux ainsi... finissons-en !"
Devant une victime aussi blessée et ne pouvant bouger, il était aisé de s'en
débarrasser. Heihachi exécuta un uppercut qui projeta son fils en arrière. Il se
pencha vers lui.
"Te revoilà au bord du gouffre... de la mort cette fois. Je reviens dans une
quinzaine de minutes après avoir averti l'avion et nous partirons pour te faire
disparaître à tout jamais dans un volcan. Si tu tiens jusque là..."
Il partit, laissant derrière lui une scène macabre.
Kazuya sentait la vie l'abandonner, en face de lui gisait Azor. Il l'appela
doucement.
"Azor... pourquoi t'as fait ça... c'était inconscient de ta part... tu savais
très bien... qu'il tirerait sur toi..."
Entendant le son de sa voix, Azor ouvrit un oeil. Sa blessure au poitrail
l'empêchait de bouger. Il comprenait tout ce que disait son maître et aboya doucement
en signe de réponse. Kazuya sourit, cette réponse signifiait "tu en aurais fait
autant pour moi", et c'était vrai. Jamais il ne l'aurai laissé risquer sa vie seul.
Il ferma les yeux.
Kazuya partit le premier rejoindre le monde des ténèbres. Serait-ce l'Enfer pour
lui, à qui on a choisi son destin le jour de son arrivée sur terre et qui a été forcé
à la damnation pour éviter ce sort funeste ? Azor regardait son maître maintenant en
paix, il ne s'inquiétait pas pour lui car il le rejoindrait bientôt. Du bruit attira
son attention. Quelqu'un descendait les escaliers.
"C'est pas vrai !!!! KAZ!!!! AZOR !!!!"
Lee arriva sur les lieux et s'aperçut qu'il était trop tard. Il n'osait pas
s'approcher des deux corps, la Mort rôdant autour. la vue de tout ce sang l'écoeurait
mais, prenant son courage à deux mains, il s'agenouilla à côté d'eux. Azor gémit
pour montrer que lui était encore là. Lee toucha la poitrine de Kazuya, il ne
percevait aucun battement cardiaque.
"Pas ça non..."
Il se déplaça du côté d'Azor et posa sa tête sur ses genoux pour le soulager
de sa douleur. Azor regarda tout à coup au dessus de son maître. La jeune femme
ailée était là. Elle s'abaissa et caressa la joue de son maître avec une expression
de paix et à la fois de tristesse sur son visage. Puis, elle se déplaça dans un
mouvement d'immatérialisme vers Azor, posa la main sur son museau et lui donna un
baiser sur la truffe. Elle disparut.
Lee ne pouvait pas la voir et remarqua qu'Azor était fasciné par quelque chose.
Enfin, Azor détourna son regard du vide pour se plonger dans ceux de Lee qui crut
voir le chien sourire. Azor ferma les yeux et s'en alla. A tout jamais.
Lee ne pu pas retenir ses larmes, sûrement une des premières fois où il
pleurait sincèrement. Il dit en murmurant, noyé dans ses larmes.
"Adieu Kaz... Adieu Azor... Je vous souhaite bon voyage..."
Lee n'arriva pas à retenir Heihachi de jeter le corps de son fils dans un
volcan. En revanche, il disposa de celui d'Azor, et lui fit une tombe simple et
humble dans un joli coin, près d'une clairière, à côté d'un arbre baigné d'une petite
rivière. Dans les jours qui suivirent, Lee partit de la maison où trop de souvenirs
hantaient sa mémoire, et remarqua que la mystérieuse femme Manji que Kazuya avait
recueillie était elle aussi parti. Il ne s'avait pas où aller, le destin guiderait
sa route...
Le destin...
Dans les méandres des ténèbres, un homme erre accompagné de son fidèle chien-loup,
en sachant tous les deux, qu'un jour où l'autre, ils reviendraient dans le monde
des vivants pour accomplir leur vengeance...
DARK ANGEL - LOUVE GRISE
15/10/00